
Il ne s’est rien passé de tel, et pour deux raisons :
La faute aux marques
Très peu de marques de pêche sont conscientes de la puissance du Net, citons par exemple Ultimate Fishing qui a une communication remarquable.
La plupart des marques de matos de pêche s’en foutent car elles misent essentiellement sur la presse papier, et sur quelques « stars » qui les représentent, bardés de stickers à l’effigie de leur sponsor. Et pour Internet, elles pensent toujours en 2012 qu’avoir leur propre site officiel est suffisant. Et aussi que les internautes leur feront gratuitement leur pub.
Les marques ont tort
Car qu’est ce qui déclenche l’acte d’achat ? Je vais parler de mon cas particulier, je pense que beaucoup se reconnaitront et approuveront. Les 3 facteurs qui me poussent à acheter :
- mes potes au bord de l’eau. « C’est quoi ton matos, tu en es content ? » On dit tous ça, et la première motivation pour un achat c’est bien l’avis des copains.
- Internet, mais absolument pas le site officiel de la marque. Tu parles, il va forcément proclamer que son matériel est le meilleur. Non, je cherche sur les blogs, les forums, je demande sur Facebook ou Twitter.
- Les conseils du vendeur : je traine souvent dans les magasins de pêche, et j’ai confiance dans les conseils de certains vendeurs.
On le voit, si rien ne peut remplacer les avis des copains, on peut tout à fait agir sur le Net et contrôler ce qui se dit sur sa marque. Or, combien de marques dans le domaine de la pêche font de la veille sur leur e-reputation ?
L’e-reputation est l’image que les internautes se font d’une marque, d’un produit (ou d’une personne). Comme on l’a vu, les avis récoltés sur le Net sont primordiaux pour motiver un achat. Nous sommes en 2012, je vais peut-être l’apprendre à certains, et la parole appartient maintenant aux consommateurs. Ils ont à leur disposition tout un tas d’outils, à la viralité extrême. Ces outils peuvent tout aussi bien encenser une marque que la démolir.
Internet a bien contribué largement a détrôner des dictateurs lors des révolution arabes, cet outil démocratique peut aussi détrôner des marques.
Lors de ma visite au salon de Clermont en janvier dernier, j’avais été reçu comme une merde sur le stand de Biiiiip, et la responsable communication de Biiiiip avait eu ce savoureux « on a pas besoin de vous, on a déjà notre site Internet » A noter que son homologue de Daiwa a parfaitement compris l’enjeu et m’envoie régulièrement des CP (laquelle de ces marques vais-je privilégier à votre avis ?).

Les commentaires sur l’article sont particulièrement intéressants, ils sont dus pour la plupart à des pros du Net qui connaissent leur affaire.
C’est un exemple par l’absurde, on n’est pas obligé d’aller aussi loin (profond ?). Mais ne serait-ce que dire du mal sur les réseaux sociaux de tel produit ou tel marque, influencerait grandement des actes de non-achat, voire de rejet.
La faute aussi aux blogueurs eux-mêmes
Aux blogueurs, mais aussi à tous ceux qui postent des vidéos sur le Net, s’affichant avec leurs beaux t-shirts tagués, offrant gratuitement une belle vitrine aux marques. Et elles auraient tort de s’en priver, c’est tout bénef pour elles. Ces marques peuvent compter sur leurs fans, qui leur servent la soupe gratuitement sur blogs, forums, Facebook, vidéos.
Ce phénomène des rapports entre les marques et les blogueurs/podcasteurs/vidéastes n’est pas spécifique à la pêche. Les marques et les agences de communication ont pris l’habitude de considérer ceux qu’on appelle « les influenceurs » comme des pigeons qu’il est tellement facile de manipuler.
On leur offre un porte-clés, un autocollant, un gadget à 10 euros, et comme des moutons ils vont bêler leur amour de la marque. Ces beaux jours pour les marques sont en train de se terminer, de plus en plus de blogueurs en ont marre d’être pris pour ces imbéciles. Internet, c’est nous, les influenceurs c’est nous.
On peut aimer une marque, en être fan même. Mais travailler gratuitement, non. Faire de la pub pour une marque ce doit être rémunéré, toute peine mérite salaire. Alors que ce soit dans ce domaine ou dans un autre, arrêtons de trimbaler partout les logos des plus grandes enseignes sans la moindre compensation. Et lisons ou relisons NO LOGO (la tyrannie des marques), l’excellent livre de Naomi Klein.
Et juste au moment où je termine cet article, je vois que Stéphane, le promoteur de Culture Fish envisage de faire payer les marques qui apparaitront dans ses prochains films. Les grands esprits se rencontrent 🙂 L’article est ici : Il faut sauver Culture Fish



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21 réponses à Les marques de pêche et Internet